# 28 jours plus tard, la cour d'école change l'immunité de nos enfants

- Publié le : 2026-08-28
- Auteur : Matthieu de Cremoux
- Source : https://zonehabitable.fr/articles/28-jours-plus-tard-la-cour-d-ecole-change-l-immunite-de-nos-enfants/
- Publication : Zone Habitable
- D'abord paru sur Kessel, le 28 août 2026, dans une première version

> Et si jouer dans la terre aidait les enfants à faire moins d'allergies ? Une étude finlandaise le laisse penser.

Autour de vous, combien d'enfants asthmatiques, allergiques aux pollens ou couverts d'eczéma ? Moi, j'en connais pas mal. Depuis cinquante ans, ça n'arrête pas de grimper dans les pays riches. Des chercheurs ont une idée sur la cause, et elle se trouve (peut-être) sous les pieds de nos enfants, dans la terre des cours de récré.

## Trop propres pour notre bien ?

Aujourd'hui, dans les pays industrialisés, l'asthme et les allergies sont la première maladie chronique de l'enfant. On a longtemps accusé la pollution. Ou les gènes. Puis une autre idée a fait son chemin, assez mal reçue au début, et désormais publiée dans des revues d'immunologie : à force de tout nettoyer, on aurait privé notre corps de quelque chose dont il a besoin.

Tout part d'une observation de 1989. David Strachan, épidémiologiste, remarque que les enfants de familles nombreuses (plus exposés aux infections) font moins d'allergies. On appellera ça l'hypothèse hygiéniste. Trente ans après, une équipe finlandaise, autour de Tari Haahtela et de l'écologue Ilkka Hanski, pousse l'idée plus loin et la rebaptise : hypothèse de la biodiversité.

En résumé :

-   Notre microbiote (les milliards de microbes qui habitent notre peau et notre ventre) se nourrit de nature : de terre, de plantes variées.
-   Et c'est lui qui fait l'éducation du système immunitaire, qui lui apprend à ne pas s'emballer pour un grain de pollen.
-   Moins il y a de diversité, plus faibles sont les défenses.

## Ce que montrent les enfants de la ferme

Les données les plus solides viennent… des fermes !

Trois grandes cohortes européennes ont comparé les enfants qui y grandissent aux autres : PARSIFAL, GABRIELA (plus de huit mille enfants à elle seule, en Allemagne, en Autriche et en Suisse) et PASTURE.

Résultat : on devient moins asthmatique quand on vit à la ferme.

Dans l'analyse parue en 2011 dans le *New England Journal of Medicine,* une exposition microbienne plus diverse va avec un risque d'asthme réduit de **14 à 38%** selon la cohorte.

Restait quand même un gros « mais ». Tout ça ne montre qu'une corrélation. Une famille d'agriculteurs se distingue d'une famille de citadins par de nombreux paramètres, et les microbes n'en sont qu'un. Il restait encore à éliminer les facteurs de confusion.

## Vingt-huit jours dans une cour transformée

D'où l'intérêt de l'étude de Marja Roslund, en Finlande encore, publiée dans *Science Advances* en 2020.

Pour la première fois, on **modifiait** **la biodiversité d'un lieu urbain pour voir ce que ça change.**

Des crèches à la cour toute bétonnée ont reçu du sol forestier, de la tourbe, des plantes à toucher.  
75 enfants y ont joué une heure et demie par jour.

Vingt-huit jours plus tard, le microbiote de leur peau et de leur intestin était plus varié. Plusieurs marqueurs de la régulation immunitaire étaient ceux d'un système immunitaire mieux réglé.

## Et à Antony ?

Quand une ville végétalise une cour d'école, enlève le bitume et y fait revenir du vivant, c'est généralement d'abord pour lutter contre la chaleur et les inondations.

Paris prévoit par exemple plus de 200 cours oasis supplémentaires d'ici 2027. La santé des enfants ajoute un argument que tout le monde peut entendre, même ceux que l'adaptation au changement climatique rebute.

Plus de fraîcheur, plus de biodiversité, peut-être moins d'enfants malades, pour un risque à peu près nul : à droite comme à gauche, difficile d'être contre.

À Antony, ça se complique : **avec une cour d'école sur le toit de l'école la plus récente, il est difficile d'y faire se développer un milieu florissant.** Et en été, c'est plus une plaque de cuisson qu'une cour. Les écoles dont les cours sont désignées comme déjà « cour oasis » par la mairie restent des cours de ciment parsemées de quelques arbres. Toujours pas de terre à manipuler (eh oui, la santé, ça salit les genoux).

Le dossier écoles d'Antony Terre Citoyenne le pointait déjà, et l'été 2026 n'a rien arrangé : en juillet, la température relevée dans la ville a dépassé de **6,4 °C la normale 1961-1990,** et de 5,5 °C en août.

Le programme qu'Antony Terre Citoyenne a présenté aux municipales de mars 2026 contient deux engagements qui se rejoignent ici, [des écoles confortables pour réussir](https://antonyterrecitoyenne.org/programme/#ecole-2) et [de nouveaux espaces verts pour des îlots de fraîcheur](https://antonyterrecitoyenne.org/programme/#nature-1). Quitte à casser le béton d'une cour pour que les enfants n'y cuisent plus l'été, autant en profiter pour leur santé, non ?
